Prime de bienvenue : qui peut la toucher et comment la négocier ?

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Prime de bienvenue : qui peut la toucher et comment la négocier ?

| Par Sylvie Laidet • Le 05 / 01 /2022 • CADRE EMPLOI |

SALAIRE DES CADRES – En changeant de boîte, deux candidats sur dix parviennent à décrocher une prime d’embauche, autrement appelée “welcome bonus”, “golden hello” ou “prime à la signature”. Elle varie de 10 000 à 30 000 euros en moyenne, selon le cabinet Robert Walters. On vous dit tout sur le fonctionnement et les techniques de négo de ce pactole qui revient en force dans les packages d’embauche.

En moyenne, le montant d’une prime d’embauche varie entre 10 000 et 30 000 euros.

  1. Une prime d’embauche, c’est quoi ?
  2. Qui peut négocier une prime d’embauche ?
  3. Une prime d’embauche, c’est combien ?
  4. Comment bien négocier sa prime d’embauche ?

Une prime d’embauche, c’est quoi ?

C’est une prime de bienvenue en cash utilisée par les employeurs pour parvenir à leurs fins dans la fameuse guerre des talents. En clair, cette pratique très répandue chez les Anglo-saxons, vise à

  • accélérer les embauches parfois très tendues lorsque le candidat hésite à signer
  • et à sécuriser la prise de risque du candidat très attendu.

En matière de package de rémunération, les employeurs doivent faire preuve de davantage de créativité pour attirer les meilleurs. Bien sûr, ils proposent une organisation flexible, des semaines de 4 jours, une association au capital… Et le welcome bonus fait partie des avantages.

Justine Baronnet-Fruges, manager de la division Sales & Marketing de Robert Walters

Dans ce cabinet, on estime désormais que 2 candidats sur 10 décrochent une prime d’embauche contre 0,1 sur dix il y a encore 3 ans.

Qui peut négocier une prime d’embauche ?

Ce n’est pas un droit mais un avantage à négocier. Il concerne les cadres experts, cadres sup et cadres dirigeants qui, lors du processus de sélection, présentent des profils particuliers. Notamment :

1- Ceux qui ont une expertise qui vaut de l’or sur le marché

Car avoir ce candidat dans sa team, c’est s’assurer à coup sûr des parts de marché supplémentaires. Les postes les plus concernés par ces welcome bonus correspondent aux  17 fonctions qui devraient être fortement augmentées en 2022 Pour ceux qui seront chassés, ils pourront négocier de supers “golden hello” (voir ci-dessous « Une prime d’embauche, c’est combien ? »)

2- Ceux qui vont quitter leur boîte sans passer par la case bonus.

« Si un candidat quitte son entreprise en septembre sans percevoir son bonus annuel, alors il peut négocier un welcome bonus pour compenser ce manque à gagner », précise Justine Baronnet-Fruges.

3- Ceux qui bossent par exemple sur des cycles longs de vente

Pour eux, les premières signatures de contrat n’arriveront sans doute que 12 ou 18 mois plus tard. Par exemple dans la vente de gros équipements industriels. Leur octroyer une prime de bienvenue est un moyen de minimiser leur risque et de lisser leur rémunération.

4- Ceux qui doivent prendre un poste clé vacant en urgence

Si l’entreprise est ultra pressée de finaliser le recrutement sur un poste clé car elle a déjà essuyé plusieurs refus de candidats, alors un golden hello est plus qu’envisageable.

5- Ceux dont les prétentions sont supérieures à la grille salariale de l’entreprise

En changeant d’entreprise, le gap salarial est toujours conséquent mais pour des questions d’équité, les employeurs préfèrent octroyer une généreuse prime d’embauche que de faire exploser le salaire fixe du candidat, au risque de créer un décalage avec les salariés déjà en poste. La part fixe est en général réévaluée l’année suivante.

Une prime d’embauche, c’est combien ?

Tout dépend évidemment du profil du candidat. Pour un commercial middle, la prime de bienvenue peut être de 3000 euros, soit l’équivalent d’un mois de variable. Dans le private equity, cela peut grimper à 100 000 euros. En moyenne, le montant d’une prime d’embauche varie plutôt entre 10 et 30 000 euros.

Comment bien négocier sa prime d’embauche ?

Vous devez arriver avec un chiffre précis en tête. Pas question de demander un jour 15 000 euros et le lendemain 20 000 euros de welcome bonus sous prétexte que vous aviez oublié un élément. Voici comment procéder :

  • Prenez le temps de calculer votre rémunération globale actuelle. En plus de votre fixe et de votre variable (prime et bonus mais aussi intéressement et participation), n’oubliez pas d’intégrer vos différents avantages en nature classique (téléphone, voiture, retraite, mutuelle, …) mais aussi la prise en charge des frais de crèche, le taux préférentiel du prêt accordé par votre entreprise, etc.
  • A partir de cette somme, appliquez un coefficient multiplicateur pour arriver à vos nouvelles prétentions salariales. Si vous escomptez 100 000 euros mais que l’entreprise plafonne sa proposition à 80 000 euros, c’est le moment de tenter l’argument de la prime d’embauche. Et ce, une fois que vous êtes certains que l’entreprise a décidé que vous étiez le finaliste.

« Les candidats sont en position de force donc les recruteurs écoutent attentivement leur réponse à la question « que voulez-vous ? ». Il ne faut pas hésiter à tenter une négociation un peu agressive sur ce sujet du welcome bonus. L’entreprise va aussi peut-être proposer des stock-options. Les candidats y sont également sensibles car cela donne du sens à leur travail que de pouvoir suivre les résultats de près. Cela flatte leur côté « entrepreneur », la prise de risque en moins », conclut Justine Baronnet-Fruges.